(BFM Bourse) - Le laboratoire pharmaceutique se dirige vers sa pire séance de son histoire boursière à Zurich après un deuxième échec consécutif pour une étude clinique.
Pour paraphraser la formule un ancien président de la République français, les ennuis volent en escadrilles pour Novartis. Le groupe pharmaceutique helvète a annoncé ce mardi 8 septembre que son médicament expérimental del-desiran, destiné à traiter une forme d'atrophie musculaire, n'avait pas atteint son critère principal lors d'une étude clinique de phase avancée.
Un deuxième revers clinique dans un délai très court
Lundi, l'action Novartis avait perdu 3,1%, en réaction à l'annonce d'un échec clinique, là aussi à un stade avancé, concernant son traitement expérimental destiné à agir sur le risque d'événements cardiovasculaires. Le groupe avait alors privilégié un vendredi soir pour annoncer ce revers clinique.
"Cette nouvelle constitue un deuxième revers clinique majeur en quelques jours et devrait accentuer la pression sur le titre", avance Allinvest Securiries.
En Bourse, cette nouvelle déception dans un délai aussi court ne passe en effet pas auprès du marché. L'action Novartis lâche 10,4% à la Bourse de Zurich s'orientant vers sa pire séance depuis que l'action est cotée en Bourse, note CNBC.
Novartis a déclaré que son étude mondiale de phase III (étape avant une potentielle commercialisation) HARBOR, qui évaluait le del-desiran chez des patients atteints de dystrophie myotonique de type 1, "n’a pas démontré d’amélioration statistiquement significative par rapport au placebo", en ce qui concerne les mesures du temps d’ouverture de la main.
Une logique fragilisée
Le del-desiran est l’un des trois traitements à base de conjugués anticorps-oligonucléotides qui ont été ajoutés au portefeuille de produits neuromusculaires de Novartis lors de l’acquisition d’Avidity Biosciences pour environ 12 milliards de dollars en février 2026.
"Avant même la publication, le marché considérait qu’un succès de HARBOR était nécessaire pour justifier le prix élevé de l’acquisition. L’échec ne remet toutefois pas en cause l’intégralité de la transaction, qui comprend la plateforme AOC (antibody-oligonucleotide conjugate) et deux autres programmes: del-zota dans la dystrophie musculaire de Duchenne avec saut de l’exon 44, désormais sous revue prioritaire de la FDA, et del-brax dans la dystrophie facio-scapulo-humérale", détaille Allinvest Securities.
"Novartis évalue actuellement l’ensemble des données de l’étude HARBOR et collaborera avec les autorités sanitaires afin de déterminer la voie de développement la plus appropriée pour le del-desiran", explique la société citée dans un communiqué de presse.
"Le développement de traitements pour une maladie complexe comme la dystrophie myotonique de type 1 reste un défi, et les revers font partie du progrès scientifique", a déclaré Shreeram Aradhye, président du développement et directeur médical chez Novartis.
"En l’absence de données détaillées, il reste impossible de savoir si l’échec tient principalement au choix d’un critère primaire nouveau et potentiellement variable, ou s’il traduit une absence plus générale de bénéfice fonctionnel. Les résultats portant notamment sur la force musculaire, les activités quotidiennes et la mobilité seront donc déterminants. La poursuite du développement reste possible, mais la trajectoire réglementaire initialement envisagée en 2027 paraît désormais fortement compromise", réagissent les analystes d'Allinvest Securities.
Le bureau d'études remarque que le maintien de l’objectif de croissance annuelle des ventes de 5–6% sur 2025–2030 limite le risque sur les projections, mais ne compense pas la forte dégradation de la valeur attribuable à del-desiran et les interrogations désormais accrues sur le prix payé pour Avidity
"Après les résultats positifs de remibrutinib dans la sclérose en plaques, la séquence de données de Novartis bascule ainsi nettement dans le négatif, avec deux échecs successifs parmi les trois principaux readouts (lectures, NDLR) attendus pour soutenir la croissance au-delà des prochaines pertes d’exclusivité"; conclut le bureau d'études.
